Collaboratrices

Laurence Leroy, lesbienne féministe tétraplégique et aphasique.
Créatrice du mouvement : LESBIENNES HANDICAPEES SOLIDAIRES en France en 2011.

Née en 1963 d’une mère militante féministe et d’un couple soudé, Laurence se retrouve alors la seule fille et dernière née au milieu d’une fratrie de quatre garçons, dont deux frères qui deviendront homosexuels, donc la vie est belle pour elle, même si Laurence se sent parfois délaissée au profit de ses frères…

Sa mère ne la poussant pas vers l’hétérosexualité, Laurence se sent très vite lesbienne depuis aussi longtemps qu’elle s’en souvienne, elle commence alors à vivre des amoures lesbiennes au tout début de son adolescence avec joie et en toute liberté, elle n’aura d’ailleurs jamais de relations avec l’autre sexe, la simple idée la répugnant profondément, c’est donc une lesbienne pure mais pas si dure.

En effet à 20 ans, Laurence milite toujours pour la cause féministe, tout en se prenant de passion pour la musique punk et elle poursuit aussi des études aux Beaux-Arts en travaillant en parallèle dans des restaurants pour payer ses études, mais c’est alors que commence une descente aux enfers bien banale pour beaucoup d’entre nous, mais qui atteindra un très vite un point de non-retour pour Laurence, quand elle passe alors au travers d’un immense chagrin d’amour, son amante canadienne dont elle était follement amoureuse l’abandonnant après plusieurs mois de vie commune.

Laurence à 20 ans

Laurence se retrouve donc à prendre des médicaments contre la dépression, elle boit aussi et consomme du cannabis, tout en menant un rythme d’enfer dans son travail.
Et l’accident vasculaire cérébral arrive, touchant ainsi une jeune femme loin de s’y attendre.
C’est en plein mois d’août. à son travail, alors que Laurence prend un café lors de sa pause qu’elle s’écroule brusquement. Les secours et les médecins mettront un temps certain à soupçonner un AVC, pensant avoir affaire à une droguée qui avait perdu connaissance, ceci à cause de l’habillement et de l’age de Laurence. Un temps précieux est définitivement perdu pour opérer Laurence et empêcher des séquelles.

Plusieurs mois de coma s’ensuivent et le diagnostic qui résulte est sombre : tétraplégie et aphasie, une partie du cerveau de Laurence a été détruit.

En dépit d’une lourde rééducation, Laurence ne peut alors plus marcher ou saisir des objets, elle ne peut plus non plus s’exprimer clairement, ses paroles étant déformées et difficile à articuler malgré une intelligence vive toujours présente, et elle doit alors se résoudre à compter au quotidien sur le secours de ses parents et de ses frères, par ailleurs très attentionnés, mais comme sa famille doit emménager en Province, elle doit également partir avec eux et sa solitude augmente.

Laurence continue à militer pour la cause lesbienne en essayant de se rendre aux Gay Prides, mais il y a pas d’associations lesbiennes là où elle se trouve et internet n’existe pas encore. De plus Laurence est souvent rejetée par les membres mêmes de la communauté homosexuelle qui n’ont pas la patience de décrypter ses paroles et est souvent aussi délaissée par ses amantes qui trouvent difficile d’assumer d’avoir une compagne handicapée à cause du manque de moyens et d’aides à disposition et qui parfois tombent plus amoureuses par compassion que par réelle attirance.

Cependant et en dépit de la solitude forçée, Laurence continue à peindre, en musique, pendant des heures et par petites touches, le moindre mouvement de ses mains lui demandant de grands efforts. Ses tableaux sont superbes et représentent la joie des femmes entre elles ou les paysages somptueux de la côte basque. Elle se met aussi à circuler seule en tricycle, ce qui lui procure plus d’autonomie.

Advient ensuite internet et plus d’occasions de rencontres, en tous cas amoureuses, pour les lesbiennes, or depuis longtemps Laurence accumule les démarches pour rejoindre des associations de lesbiennes ou pour créer une association de lesbiennes handicapées, elle doit pour cela aller à Paris, par exemple au CGL et tenter de se faire entendre, souvent par l’entremise de son frère, faute d’avoir amies ou amante pour l’aider, mais ce n’est pas un succès.

Laurence adopte donc très vite internet sous le pseudonyme de Cocopirate, et malgré ses difficultés d’expression, elle s’exprime largement en réalisant des vidéos sur ses peintures, visibles sur Youtube, en créant également sa page Facebook et en répondant aux messages sur les forums et sites de rencontres entre lesbiennes. Elle rencontre ainsi enfin d’autres lesbiennes motivées, ceci par l’intermédiaire d’une ex-petite amie, également lourdement handicapée, qui rejoignait justement la Fondation Lesbienne Séparatiste en tant que co-fondatrice.

Laurence décide alors en 2011 de fonder l’association LESBIENNES HANDICAPEES SOLIDAIRES et de défiler contre vents et marées, même seule mais toujours pleine d’espoir, sur son tricycle à la Gay Pride de Biarritz, ceci afin de promouvoir sa toute nouvelle association.

Voici les points forts de l’analyse de Laurence pour le mouvement qu’elle veut lancer :

1) Laurence déplore le déclin des mouvements féministes de lesbiennes depuis la fin des années 80 qui rendaient la communauté forte et oeuvraient pour le bien des lesbiennes.
Elle constate que les lesbiennes handicapées souffrent bien plus que les autres de cette absence de mouvement lesbien fort participant de leur autonomie et elle revendique cette autonomie.

2) En effet elle soutient que les lesbiennes handicapées souffrent d’une grande solitude due à l’absence d’innovations face au handicap et d’inclusions qui pourraient naître dans des communautés lesbiennes, pour le moment inexistantes…

3) Elle soutient que les lesbiennes handicapées souffrent aussi d’absence de compréhension telle que les handicapées concernées elles-mêmes aimeraient la définir, à cause de l’absence de moyens de communication non faussés par autrui et à cause de l’absence généralisée de considération (par exemple, quand la parole est laborieuse, elle est facilement dévalorisée).

4) Elle dénonce la non-prise en compte des besoins des lesbiennes handicapées et de leur lesbianisme par les services socio-médicaux et leur attitude infantilisante, dévalorisante et “sur-handicapante” quand ils sont prompts à les enfermer ou à les mettre sous tutelle, elle dénonce l’absence de lieux de vie lesbiens qui devraient permettre aux lesbiennes handicapées et aux autres lesbiennes de vivre décemment c’est à dire de pouvoir se rencontrer et de ne pas être forçées de vivre ou de finir leurs jours isolées au milieu des hétéros ou de personnes ne partageant pas leurs convictions de toute une vie, elle dénonce aussi l’attitude des familles qui accumulent trop de pouvoir et même l’attitude de compagnes démunies de connaissances et de soutien pour vivre face au handicap.

La Fondation Lesbienne Séparatiste salue le grand courage de Laurence qui oeuvre dans la même direction qu’elle et elle lui a donc demandé de la rejoindre afin de conjuguer ses efforts aux siens.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s